Au troisième trimestre clos le 30 septembre 2026, AGCO a enregistré un chiffre d'affaires net de 2,26 milliards de dollars, en baisse de 8,6 % par rapport à la même période un an plus tôt. Hors effet de change favorable de 0,1 %, le recul atteint 8,7 %. Le bénéfice publié s'établit à 0,75 dollar par action et le bénéfice ajusté à 1,05 dollar, contre respectivement 4,09 et 1,35 dollars au troisième trimestre 2025. Eric Hansotia, président du conseil d'administration, président et directeur général, a qualifié la période de contexte de demande mondiale le plus faible du secteur depuis plus de dix ans.
Où les ventes progressent et reculent
Le repli se concentre en Europe et en Amérique du Sud, tandis que l'Amérique du Nord et la zone Asie-Pacifique-Afrique évoluent en sens inverse. En Europe/Moyen-Orient, les ventes ont chuté de 19,1 % à 1,31 milliard de dollars, contre 1,61 milliard un an plus tôt. Hors effets de change, la baisse est de 18,1 %. AGCO indique que les plus fortes baisses ont été relevées en Allemagne, en France, en Italie et en Espagne.
En Amérique latine, les ventes ont reculé de 15,4 % à 292,3 millions de dollars, soit -19,1 % hors effets de change. AGCO attribue cette baisse à un marché plus faible. Cette zone inclut désormais le Mexique, auparavant rattaché à l'Amérique du Nord depuis le 1er janvier 2026. Les périodes antérieures ont été retraitées en conséquence.
L'Amérique du Nord progresse de 34,8 % à 485,3 millions de dollars, contre 359,9 millions. La hausse est portée par les tracteurs de forte puissance et de moyenne gamme, ainsi que par les pièces détachées. L'Asie-Pacifique-Afrique gagne 13,8 % à 178,8 millions de dollars, soutenue par de meilleures ventes en Australie, en partie compensées par la faiblesse des marchés asiatiques et africains.
Sur les neuf premiers mois, le chiffre d'affaires net atteint environ 7,2 milliards de dollars, en hausse de 0,7 %. Hors effet de change favorable de 3,4 %, il recule de 2,7 %.

Marges, résultats et comparaison avec l'an dernier
Le résultat d'exploitation consolidé s'élève à 116,1 millions de dollars, contre 151,6 millions un an plus tôt. Le résultat d'exploitation ajusté ressort à 137,0 millions de dollars, contre 185,0 millions. Les marges opérationnelles régionales sont de 13,9 % en Asie-Pacifique-Afrique, 10,5 % en Europe/Moyen-Orient, 2,8 % en Amérique du Nord et 2,5 % en Amérique latine.
En Europe/Moyen-Orient, le résultat d'exploitation a diminué de 115,1 millions de dollars, que AGCO relie à une forte baisse des ventes et de la production. En Amérique du Nord, il s'établit à 13,8 millions de dollars, contre une perte de 42,0 millions l'an dernier. AGCO met en avant la hausse des volumes de ventes et de production, ainsi qu'environ 13,0 millions de dollars de remboursements de droits de douane IEEPA comptabilisés sur la période.
L'écart entre bénéfice publié et bénéfice ajusté tient aussi à la base de comparaison de l'an dernier. Le troisième trimestre 2025 comprenait une plus-value sur la cession de la participation d'AGCO dans Tractors and Farm Equipment Limited, qui avait ajouté 2,93 dollars par action au bénéfice publié de ce trimestre. C'est pourquoi le bénéfice publié passe de 4,09 à 0,75 dollar, alors que le bénéfice ajusté recule dans une moindre mesure.
Demande du secteur, trésorerie et perspectives pour l'exercice
AGCO fait état d'une demande au détail faible sur ses principaux marchés pour les neuf premiers mois de 2026. Aux États-Unis et au Canada, les ventes de tracteurs ont baissé de 9 % et celles de moissonneuses-batteuses de 10 %. Au Brésil, les ventes de tracteurs ont reculé de 17 % et celles de moissonneuses-batteuses de 38 %. En Europe occidentale, les ventes de tracteurs ont diminué de 1 % sur la période et de 9 % sur le seul troisième trimestre. AGCO s'attend à une demande inférieure aux niveaux moyens de milieu de cycle en Amérique du Nord et à un marché toujours difficile en Europe occidentale jusqu'à la fin de 2026.
Le bilan reflète le ralentissement. La trésorerie et les équivalents de trésorerie s'élevaient à 415,1 millions de dollars au 30 septembre, contre 861,8 millions fin 2025. Les stocks sont passés de 2,7 à 3,0 milliards de dollars. Les activités opérationnelles ont consommé 218,4 millions de dollars de trésorerie sur neuf mois, alors qu'elles en avaient dégagé 224,5 millions un an plus tôt. AGCO a consacré 403,7 millions de dollars au rachat de ses propres actions sur la période. Le nombre d'actions diluées en circulation au trimestre est de 69,5 millions, contre 74,7 millions.
Pour 2026, AGCO table sur un chiffre d'affaires net de 9,8 à 10,0 milliards de dollars, une marge d'exploitation ajustée d'environ 7,0 % et un bénéfice ajusté d'environ 5,50 dollars par action. Le groupe précise que ces prévisions intègrent la politique douanière en vigueur au 29 octobre et que toute évolution pourrait les affecter. La direction indique que la production sera ajustée pour aligner les stocks des concessionnaires sur la demande.
Ce que cela implique pour l'automatisation agricole
Eric Hansotia a présenté l'agriculture de précision comme l'axe central de la stratégie d'AGCO. Il a cité les tracteurs économes en carburant, les systèmes de pulvérisation ciblée dopés à l'IA et les solutions autonomes comme autant d'outils destinés à réduire les coûts d'exploitation. Il a aussi indiqué que, grâce à PTx, les agriculteurs peuvent ajouter de l'automatisation et de l'autonomie à leurs équipements existants, quasiment de toutes marques, sans acheter de nouvelle machine. AGCO détient 85 % de la coentreprise PTx Trimble, créée le 1er avril 2024. Plus d'informations sur le groupe sont disponibles sur le site d'AGCO.
Les résultats trimestriels d'AGCO montrent pourquoi l'approche en rétrofit prend tout son sens lorsque les ventes de machines reculent. Confrontés à des revenus en baisse et à des coûts d'intrants en hausse, les agriculteurs repoussent l'achat de gros matériels neufs, et une automatisation vendue en complément exige moins de capital qu'un tracteur ou une moissonneuse-batteuse neufs. Ce raisonnement découle des chiffres de demande ci-dessus. Le groupe n'a pas indiqué que les ventes de rétrofit compensaient une partie du repli.
Les résultats ne le démontrent pas. Ils ne donnent aucun chiffre de revenus, de commandes ou de marge pour PTx ni pour les produits autonomes : la contribution de l'automatisation aux résultats ne peut donc pas être mesurée. Les mêmes comptes décrivent un groupe encore dépendant des volumes de machines conventionnelles. L'Europe/Moyen-Orient, région où les ventes chutent le plus, a malgré tout généré la plus grande part du résultat sectoriel, et la baisse des volumes y a réduit le résultat de plus de 115 millions de dollars en un seul trimestre.
Trois points restent à démontrer. D'abord, si la demande d'automatisation tient face à la faiblesse des revenus agricoles, car les économies promises par AGCO doivent l'emporter sur la réticence des exploitants à investir. Ensuite, si les ventes de rétrofit et de solutions autonomes peuvent atteindre une taille suffisante pour être publiées et évaluées séparément. Enfin, si la reprise sur laquelle AGCO se positionne arrive dans un calendrier que sa trésorerie et ses niveaux de stocks peuvent supporter. La progression nord-américaine reste en outre une comparaison étroite, établie par rapport à un trimestre marqué par une perte d'exploitation, et elle intègre un remboursement de droits de douane que AGCO dit soumis à examen, avec un appel en cours.
