Devanthro vend des balles en plastique à 1 000 $ pièce, avec livraison promise avant Noël. L'offre s'accompagne d'une image d'un robot dans une piscine à balles générée par IA, que l'entreprise utilise pour poser une question sur la mise hors service des robots : la retraite devient-elle amusante pour la machine, ou seulement pour ceux qui la regardent ?
La blague est l'élément le plus visible d'une semaine de vidéos robotiques. Le reste du lot est plus technique : manipulation par des humanoïdes, nouveau système de navigation, robot nageur souple et station de lavage automobile robotisée. L'ensemble donne un aperçu de l'état des travaux de laboratoire et des projets pilotes commerciaux en octobre 2026.
Une piscine à balles pour robots à la retraite
L'argument de Devanthro est un gag, mais il s'accompagne d'un prix et d'une date de livraison. Chaque balle en plastique coûte 1 000 $. L'entreprise affirme que les commandes arriveront avant Noël. L'image du robot dans la piscine a été générée par IA, et l'entreprise le précise.
Aucun détail n'est fourni sur la matière des balles, leur nombre disponible, ni sur l'éventuelle mise à la retraite effective d'un robot de cette manière. Ce communiqué est à lire comme du marketing habillant une vraie question : que devient un robot en fin de vie active ? Rien dans ce matériel n'y répond.
Les humanoïdes apprennent des humains, pas des robots
L'avancée de recherche la plus substantielle vient de Hybrid Robotics. Son système, baptisé Workhorse, s'attaque à une faiblesse connue des robots humanoïdes : planifier une manipulation du corps entier impliquant beaucoup de contacts physiques, lorsque les seules entrées sont des images RVB égocentriques et la proprioception.
Workhorse apprend ce type de manipulation à partir de démonstrations humaines enregistrées sans robot dans la boucle. L'équipe l'a testé sur un Unitree G1 réel. Dans la vidéo, le robot trie des boîtes avec les mains et d'un coup de pied. Il rattrape une boîte lancée. Il fait aussi basculer une valise et grimpe dessus.
DEEP Robotics a également publié une vidéo d'humanoïde montrant un cas d'usage de la machine. Le document ne décrit pas la tâche par écrit. Par ailleurs, un laboratoire de robotique généraliste a diffusé un clip de danse, et Generalist a présenté des travaux de manipulation avec ce qui semble être une simple pince.

Navigation, moteurs et nageurs souples
Des chercheurs du MIT ont mis au point SANDO, un système de navigation destiné à aider les robots à se déplacer en toute sécurité dans des environnements inconnus comportant des obstacles mobiles. Le système planifie et ajuste rapidement une trajectoire sans collision, grâce à des capteurs et à une puissance de calcul embarqués. Sa sécurité repose sur des garanties mathématiques.
À l'EPFL, le laboratoire LMTS a présenté un moteur linéaire filiforme. Le communiqué ne donne aucun chiffre de performance.
À NC State, des chercheurs se sont inspirés des comatules pour concevoir un robot nageur sous-marin souple. Il atteint trois modes de nage distincts : nage verticale façon méduse, direction orientée façon poisson, et réorientation tridimensionnelle façon rotor. Il y parvient avec seulement deux entrées pneumatiques.
Le RAI Institute a publié une vidéo de son robot exécutant une tâche, sans autre description. KUKA a présenté une station de lavage qui construit un modèle du véhicule avant de le nettoyer avec des bras robotisés. Des avis récents sur le site suggèrent que les robots ne sont pas encore assez performants, même si le concept a du potentiel.
Sanctuary AI a publié un clip de manipulation dont le segment central commence alors que la main tient déjà solidement une bande à peler. Ce montage masque la partie la plus difficile de la préhension.
Les interventions de l'ICRA 2026 sur la manipulation, les humanoïdes et la conception incarnée sont également disponibles sous forme de série de mini-conférences.
Ce que ce lot nous apprend
L'élément le plus utile ici est l'association de Workhorse et de SANDO. Tous deux comblent l'écart entre un robot capable d'un tour de force et un robot auquel on peut se fier près des personnes et des objets. Workhorse réduit le besoin de données d'entraînement collectées par robot en s'appuyant sur des démonstrations humaines. SANDO associe une garantie de sécurité mathématique à la planification de trajectoire. Les problèmes sont différents, mais chacun aborde la question du comportement d'un robot lorsque le monde ne correspond pas à son entraînement.
Workhorse a des limites qu'il faut souligner. Les tâches démontrées sont impressionnantes, mais une vidéo ne montre que des réussites choisies. Aucun taux de réussite, nombre d'essais ou cas d'échec n'est communiqué. Le G1 est en outre une plateforme unique : on ignore dans quelle mesure l'approche se transpose à d'autres morphologies. La même prudence s'applique à SANDO, dont les garanties sont décrites sans qu'aucun résultat de test ne soit rapporté.
Le clip de Sanctuary AI rappelle qu'il faut vérifier comment les vidéos de démonstration sont montées. Une main qui tient déjà la bande au début d'un clip montre un résultat sans montrer la préhension. La station de lavage KUKA illustre le point inverse : les avis de clients offrent un regard extérieur sur un système déployé, et ils suggèrent que les robots ne sont pas encore assez fiables.
Le nageur de NC State se distingue. Obtenir trois modes de nage à partir de deux entrées pneumatiques est un résultat de conception relevant de l'économie mécanique, pas du logiciel. La question du passage à l'échelle ou de la tenue hors d'un bassin de laboratoire n'est pas abordée.
Quant à la mise hors service des robots, le coup de communication de Devanthro est le seul élément du lot qui y touche, et il n'apporte aucun conseil pratique. Mise au rebut, réutilisation et effacement des données des robots retirés du service sont de vraies questions pour tout exploitant de flotte. Elles restent sans réponse ici.
Deux événements montreront si ces travaux résistent à l'examen. La CoRL 2026 se tient du 9 au 12 novembre à Austin. Humanoids 2026 aura lieu du 6 au 9 décembre à Santa Clara, en Californie.
